
Alors qu’on fête avec fièreté le cap du milliard d’ordinateur en fonction dans le monde, on déchante direct en apprenant qu’il y en aurait 35 millions (certains fonctionnant encore) dans la nature. Le gouvernement propose aujourd’hui, via son majordome Eric Besson, Secrétaire d’état à l’économie numérique, de “réduire la fracture numérique et sociale” en boostant l’informatisation des foyers français (55% stagnant) grâce aux dons d’ordinateurs (2,5 millions d’ordinateurs mis au rebut chaque année) aux salariés, de préférence non-cadres.
Sous-entendu : augmenter la consommation des ménages les moins aisés. Car qui dit ordinateur, dit imprimante, dit consommables, dit abonnement internet, dit licences logicielles, à moins que tout le monde ramène chez soi sa petite copie de Windows ou d’Office ?
Bonne initiative s’il en est, des idées comme celle-ci, y’a pas de quoi s’en vanter. Si la récupération était LA trouvaille d’une société consumériste comme la nôtre avec tout ce que ça implique de laissés pour compte, c’est franchement ironique de l’encenser maintenant. Et malheureusement, c’est lors d’une période d’inflation, où le porte-monnaie des Français se réduit comme une peau de chagrin qu’on nous fait le coup de la récup. L’environnement on s’en fout. On aurait pas sorti ça par souci écologique bien sûr, il a fallut attendre que ça gronde de tous les côtés pour sortir du placard une vieille mesurette, qui tient plutôt du bon sens, donner ainsi du grain à moudre aux râleurs et faire croire qu’on manque pas de ressource au gouvernement. Rappelons que le recyclage informatique est obligatoire pour les sociétés et les institutions (uniquement) depuis 2006 (seulement !) et que cela représente un coût énorme pour elles. Donc donner ses vieilles machines est aussi une façon d’échapper au recyclage. Surtout, dès que la conjoncture se sera améliorée, re-consommons de plus belle ! Affligeant.
