9 mai 2008
Justice : coup de Stress ou coup de pub ?
Posted by allantverslendroit under Art & Publicité, Divers & Société | Tags: clip, ed banger, gavras, justice, kourtrajme, marketing, paris, pedro, romain, stress, winter |500 000 visites en une semaine. Le dernier clip de Justice, Stress, cartonne sur Dailymotion. Les images de jeunes de banlieue qui prennent d’assaut Paris et ses passants avant de foutre le feu à des bagnoles font tellement débat que le site a dû désactiver la fonction “commenter”. Les images de ce petit film de près de 7 minutes sont très violentes et sans morale apparente. La polémique était prévue attendue souhaitée prévisible.
Du clip à triple emploi : mode, musique et cinéma. Capuchonnée, une petite armée de jeunes d’origine maghrébine et africaine portent de gros blousons de cuir noir siglés de la croix noire du groupe. C’est d’ailleurs un des sujets de polémique essentiel : porter la croix comme effigie, comme d’autres ont pu le faire dans d’autres temps, mais aussi porter un tel message de violence par de là les territoires, et le faire porter par des acteurs, peut-on le présumer, de confession toute différente… rien n’est laissé au hasard dans ce genre de manœuvre commerciale pseudo-artisitique. Si l’insécurité était devenue un thème (très cher du Sarkozysme) un peu oublié ces derniers temps, nul doute que cette vidéo le remet au goût du jour. De là à parler de vidéo de propagande…
Pour info, le groupe a lancé au mois d’avril une ligne de vêtements dont la pièce phare est un blouson de cuir à 700 euros, vendu chez Colette, Surface to Air et Bon Marché. Nul doute que bon nombre d’écervelés va donc vouloir se le procurer après visionnage et buzz du clip. Mais le fric n’a pas d’odeur, si ? De là à y voir une stratégie marketing…
Une chose est certaine, Stress est le bon titre pour une telle vidéo. Elle aurait aussi pû s’appeler Hein ? ou encore Arnaque. Comme le disent des commentateurs : Plagiat vidéo d’Orange mécanique vs Ma 6T va craquer en mode promo de zonblous à 700 neurones pour bobos chicos ? C’est violent, gratuit, adrénaliné, mais d’où ça parle, camarades situationnistes ? De la provoc à deux balles pour effrayer le bourgeois, du clip des zidentitaires pour armer le françois ? Dangereux de mettre en scène les fachos de banlieues, sans version sous titrée pour les borgnes et les mal comprenants ! (…) Un clip dans le vent, réalisé par des gens dans le vent, mis en musique par des jeunes dans le vent, sur un thème lui aussi dans le vent. Une technique marketing usée, mais toujours efficace. Un bon coup (de plus) pour Pedro Winter qui sous ses airs de benêt a souvent le nez creux. Un clip polémique alors que la musique de Justice s’essouffle après l’effet de surprise du début. Ce n’est pas bien grave tout ça, ça va faire télécharger (et vendre) le morceau, ça va réhabiliter le blouson noir, enrichir Pedro, Colette et les autres, et donner des idées à H&M pour l’hiver prochain. Il n’est finalement pas si loin Guy Debord, tout ceci ne reste que du vent… Pour tout vous dire, j’ai même lu un truc énorme : un remake de Quand on arrive en ville du pauvre Daniel Balavoine remis au goût du jour… j’te jure… certains doivent s’écouter penser. Source : Rue 89
Les auteurs : A l’origine du clip, Romain Gavras, du collectif Kourtrajmé (Court Métrage en verlan), les petits jeunes parrainés par Vincent Cassel, à l’origine, notamment, du long métrage Sheitan et des clips de TTC. Voir le brûlot en HD.

10 mai 2008 at 0:03
A propos de ton pseudo discourt de fond, qui ne va que dans un sens et comme je suis de nature contradictoire :
Je ne trouve pas que représenter et sublimer la violence soit en faire la propagande. C’est toujours le même eternel débat…
La violence exerce une fascination chez n’importe qui, c’est un fait, s’en servir, est une ficelle du film, de la musique, du livre, du jeux vidéos, encore une évidence. C’est un fantasme.
La grande qualité de cette vidéo, c’est d’abord d’être esthétique, c’est une question de gout quand au style d’esthétisme bien sûr. Mais même techniquement, il est bien filmé, bien monté, bien étalonné, assez bien joué.
Je trouve que le fait qu’il n’y ait pas de message est un parti pris, très fort, très perturbant. Qui rejoint assez ce que fait le rap en général, le constat.
Enfin pour clore ce débat je dirai que c’est comme tout les médias qui utilisent la violence comme esthétique, on ne sait pas “comment” certaines personnes vont se l’approprier, même avec un message, ça serait la même chose, les images restent là, et le message serait ou non compris, qu’importe.
Car le problème c’est qui va regarder ça, et qu’est qu’il va s’en faire. Et là c’est l’éternel débat, sur internet ou en hertzien c’est pareil… Et il n’y a pas de bonne réponse, désolé.
10 mai 2008 at 22:30
on est bien avancé la tout ca pour dire rien de plus
le prob c que ils dise pas ce qu’ils ont voulu faire avec ce clip
donc pas de message au fond c ca le plus dur
et je suis pas dacord avec reibu c pas estétique du tout
c filmé a l’arrache et y a pas de sénario du tout
les keums se la raconte grave jusque au bout
et ils veulent juste faire parler d’eux et vendre leur sapes
14 mai 2008 at 18:23
Communiqué des deux lascars :
La vidéo de STRESS est née d’une idée : offrir un clip indiffusable en télé à un titre indiffusable en radio. Sans la contrainte de réaliser un clip diffusable, nous avons pris toutes les libertés avec ce support. Pas pour choquer gratuitement : juste pour ouvrir le débat, susciter des questions, comme le font régulièrement le cinéma, la littérature ou l’art contemporain.
Avec cette liberté viennent des risques : être mal interprétés, voire instrumentalisés.
Nous ne l’avons à l’origine confié qu’à un seul site web, certains que ce clip trop long, trop violent et aussi peu consensuel ne pouvait exister qu’en dehors des schémas habituels. Nous étions conscients que le clip était sujet à controverse. Nous n’imaginions pas un instant que le débat irait si loin, que nous nous retrouverions à devoir nous justifier sur des sujets aussi graves.
Mais la récupération massive de ce clip, en quelques heures seulement, nous a rappelé à quel point il est difficile aujourd’hui de contrôler la destination des images et l’intégrité de leur propos.
Nous n’avons ni l’intention ni la légitimité de parler en profondeur des problèmes de société. Ce film n’a jamais été envisagé comme une stigmatisation de la banlieue, comme une incitation à la violence ou, surtout, comme un moyen larvé de véhiculer un message raciste.
Cette vidéo n’a jamais été censurée. Nous avions pris dès le départ la décision de refuser systématiquement toute diffusion télévisuelle afin de ne l’imposer à personne. Nous avons donc toujours laissé au spectateur le choix de la voir ou de l’ignorer sans jamais tenter d’orienter sa pensée, conformément à l’idée que nous nous faisons de l’art et du divertissement.
Gaspard & Xavier, JUSTICE.