LVMH, grand gagnant du luxe à la française, dont le bateau amiral, la marque Louis Vuitton, représente le luxe ultime de la bagagerie dans le monde, nous présente son dernier spot publicitaire. D’une durée de 90 secondes, un grand luxe en soi quand on sait que le durée moyenne varie entre 20 et 30 secondes, le clip, magnifique, a valu une fortune et coûte donc, à chaque diffusion, 3x le prix d’un spot traditionnel. Du grand luxe. Pour info, le prix des 30 secondes sur TF1 en prime time varie entre 100 et 150000 euros. Du grand luxe je vous dit. A l’origine de la campagne Journeys et du clip, l’agence parisienne Ogilvy.

Tout le monde encense cette pub. Des louanges, j’en ai lu des dizaines (je n’ai que ça à faire). Car oui, elle est réussie. Elle est réussie car elle parle de la marque, de l’esprit porté par cette marque, s’adresse à la bonne cible (celle qui voyage et va chez le psy), le tout dans un mariage de poésie et de douceur comme on en voit peu dans la pub. Elle fait appel à notre âme d’enfant en réveillant notre imagination et nos rêves de nomadisme.

Seulement voilà, qui n’a pas vu Babel ne peut comprendre le plagiat. Le chef d’œuvre international d’Alejandro Gonzalez Inarritu est pillé dans ce spot. L’atmosphère du film, amplifié dans ce spot, comporte déjà tous les ingrédients (l’asie, le maghreb, l’occident, le mexique… la ville, la campagne). Le voyage, les sentiments, la dérive, la nostalgie, la douleur, l’éloignement… même certains plans en sont tirés (le jeune homme bras écartés face au vent qui rappelle étrangement les deux enfants dans leur montagne). Bien entendu, les incrustations métaphysiques poétiques plongent le spectateur dans une espèce de quête identitaire (qui suis-je, qu’est-ce que l’homme, qu’est-ce que la vie ?) et détournent l’attention. Mais le plus flagrant, et je trouve cela même extrêmement déplacé, c’est la copie similitude de la musique. Cette envoûtante bande son est exactement la même que Babel. On y entend la magie du jeu de guitare de Gustavo Santaolalla, alors que les plus belles scènes du film la portaient déjà fin 2006. Qu’on ne me dise pas que ni la com de Louis Vuitton ni les créas d’Ogilvy n’ont vu Babel.