
Zoé, étymologiquement, est la forme hongroise du mot arabe sultan, “le pouvoir”, titre de nombreux souverains musulmans. La sainte patronne était esclave en Turquie, et fut brûlée vive avec son mari et ses enfants lors de persécutions chrétiennes au IIe siècle. Psychologiquement, les Zoé seraient imprévisibles. Leur spontanéité et leur charme créeraient des ravages dans la population masculine. Elles éprouveraient et inspireraient toutes les passions, des plus positives aux plus négatives.
C’est là un trait que l’on retrouverait de manière très nette dans l’affaire ou le “scandale” qui secoue aujourd’hui le monde diplomatique et médiatique. L’Arche de Zoé. L’association humanitaire ou ONG (simple association loi 1901) est le centre de tous les regards et toutes les critiques actuelles. Et pour cause. Sur leur site officiel, la première chose qu’on lit est : Au Darfour, un enfant meurt toutes les 5 minutes. D’autres infos choc, du style D’ici 1 an, 800000 vont mourir y figurent. Vu sous cet angle, comment ne pas cautionner l’action et, de plus loin, leur action ?
Mais là où le bas blesse, c’est lorsqu’on recoupe ces soit disantes infos. Rony Brauman, le très respecté ancien président de Médecins Sans Frontières était l’invité de RTL mardi 30 octobre dernier. Il a insisté sur cet aspect des choses, n’ayant lui-même pas constaté, sur place, l’avancée d’une machine “qui broie les vies”, d’une machine génocidaire encore en place au Darfour. Ce serait, toujours selon lui, le fait de déclarations de gens tels que Kouchner, Henri-Lévy… qui ont donc une responsabilité morale dans cette affaire. Alors certes, les exactions ne sont pas à minimiser. L’horreur a bel et bien (eu) lieu. Mais la “croyance” qui désignerait les gens sur place comme étant encore immanquablement “en sursis” n’est pas fondée. N’approfondissons pas dans ces lignes les aspects financiers et familiaux. Les sommes versées par les familles dites “d’accueil” de ces soit-disant enfants au statut usurpé (orphelins menacés de mort) et les conditions même de cet “d’accueil” (hébergement, adoption ?) engendrent depuis bon nombre de controverses supplémentaires.
Il a aussi estimé que la réaction des pouvoirs publics (Nicolas Sarkozy, forcé de faire bonne figure devant le pouvoir tchadien, a désigné l’opération comme étant illégale et inacceptable) était disproportionnée à l’encontre des membres de l’association, inculpés au Tchad pour “enlèvement de mineurs” et “escroquerie”. Ce ne sont que des “braves gens”, certes fautifs, aux démarches bâclées mais au comportement “dicté par la bonne conscience”. Il est aussi normal qu’il soient inculpés d’enlèvement d’enfant, fut-il pour au final faire le bien. Le monde humanitaire n’est ni angélique, ni à l’abri de fautes, même lourdes. Il se doit d’être irréprochable et de toujours rester dans le cadre de la loi et sous la tutelle de la justice.

2 commentaires
7 novembre 2007 à 14:30
Tiens donc… “Zoé, étymologiquement, est la forme hongroise du mot arabe sultan, “le pouvoir”” C’est marrant ça. J’ose faire le rapprochement avec notre Président Nicolas Sarkozy, d’origine hongroise que l’on peut voir partout à l’oeuvre. Est-ce que je me trompe si je dis que jamais un Président n’a été médiatisé de la sorte depuis son éléction ?
Attention, trop de pub, tue la pub…
Donc trop de Président…
7 décembre 2007 à 18:01
“Là où le bât blesse” pas “bas”, puisque c’est le bâton qui blesse… Sinon, cette histoire de Zoé est vraiment bizarre. Mais alors, vraiment bizarre…