24 juillet 2007...08:00

Vélo + Liberté = Vélib ?

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On en parle partout dans la presse, à la tv, sur internet… Les Vélibs sont là et bien là. Delanoé fait son show. Il peut. Pour que les parisiens se mettent au vélo, il faut leur mettre entre les mains, comme des sales gosses feignants. Je me compte, bien entendu. Parce que nombreux sont ceux qui n’ont pas les moyens d’en acquérir un et de l’entretenir ou simplement de l’entreposer. Sur le balcon ? Pas de balcon. Dans l’immeuble ? Pas confiance. Dans l’appart ? On se marche déjà dessus. Alors le Vélib, oui, plutôt deux fois qu’une. Mais les addicts à leur voiture le resteront. Passer du tout voiture au tout vélo, ça prendra des années. Combien sont les solitaires qui font moins de 20 bornes en 4 roues quotidiennement ? Mais les français sont comme ça, ils préfèrent se faire brutaliser par un PDG hyperactif que de se booster eux-mêmes. Pas de quoi en faire un fromage, hein.

Alors ils sont là. Ou presque là. Le 15 juillet, ils étaient 10648 répartis dans 750 lieux différents. A la fin de l’année ils seront 20000 dans 1440 stations. Soit une tous les 300 mètres. Impressionnant. (Cependant, n’espérez pas en trouver une au sommet de la butte Montmartre, le danger représenté par la descente au volant d’un de ces bolides de 22kg a convaincu la Mairie d’éviter d’y implanter une station.) 350000 locations lors de la première semaine. Une moyenne de 33 utilisations pour chaque vélo ! Soit presque 5 par jour. Très impressionnant. Ce phénomène a un prix. Modique ? Pour utiliser un Vélib, il faut déjà s’abonner. A la journée (1€), à la semaine (5€) ou à l’année (29€). On peut s’abonner avec son pass Navigo RATP, bonne idée. Ensuite, on paye selon l’utilisation. Moins de 30mn, c’est gratuit. Au delà, ça se gâte : 1€ la première 1/2h supplémentaire, 2€ la seconde, 4€ chaque suivante. Une demi-journée (4h) revient à 24€ et la journée (8h) à 56€ à dans le cas d’un abonnement 1 jour. Mieux vaut ne pas trainer. En fait, ce moyen de transport est parfait pour les déplacements uniques et rapides, pour aller de Gambetta à Bastille par exemple. Toutes les stations ou presque : ici.

Le vélo à Paris, c’est dangereux. C’est ce qu’on peut entendre ici et là. Oui sauf que plus il y aura de vélos, moins il y aura d’accidents. A Lyon, où les Vélo’v (Vélo Ville ou V Love) sont en service depuis 2 ans, contrairement aux idées reçues, les accidents des cyclistes n’ont augmenté que de 6% contre 100% d’augmentation du nombre de cyclistes… convaincant non ? De plus, les cyclistes ayant leurs propres vélos sont remotivés à l’idée de rouler parmi tous ces nouveaux collègues. De toute façon, il faut être réaliste et savoir que la voiture, telle qu’on la conçoit aujourd’hui, est destinée à être de plus en plus mise de côté et que les moyens de transport alternatifs doivent être privilégiés. Raisons environnementales à part, la ville et ses espaces de circulation exigus ne s’y prête définitivement pas. A terme, il est même probable que l’entrée dans Paris soit payante, via l’instauration d’un péage à la mode londonienne.

Mais pourquoi ce titre : Vélo + Liberté = Vélib ? Car il faut savoir certaines choses : ces petits deux roues inoffensifs ne vont pas le rester très longtemps. A Lyon, chaque exemplaire est doté d’une carte mère avec système GPS qui permet de localiser le vélo 24h/24. Et donc vous. Atteinte à la liberté individuelle ? Non voyons, mais juste un moyen pour JC Decaux, le prestataire, de savoir où sont ses vélos. En attendant, évitez les détours officieux. A Paris, cette technologie attendra, rythme de production oblige ! Ce n’est pas Les Cycles Lapierre, joyeuse entreprise française chargée de construire les Vélibs, qui démentira : ils ont été obligés de délocaliser les chaînes de montage en Hongrie pour assurer les livraisons. Cool hein ?

Bref, tout ça valait bien un petit cadeau humoristique : Vélib, c’est un carton.

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