9 juillet 2007

Après avoir bloqué l’édition, pour les collèges et lycées, d’un DVD portant sur le film du roumain Cristian Mungiu 4 mois, 3 semaines, 2 jours, Palme d’Or à Cannes, le gouvernement aurait changé son fusil d’épaule. La pression d’organisations religieuses extrémistes La dureté du film est l’excuse avancée par Philippe Court, directeur de cabinet de Xavier Darcos, notre ministre de l’Education pour ne pas promouvoir le film, qui parle, entre autre, d’avortements clandestins dans la Roumanie de Ceausescu.
Patrice Roturier, prof à l’université de Rennes 2 et membre du jury du Prix de l’Education, s’est offusqué contre cet acte de censure télécommandé par les plus hauts responsables de l’Etat en général et madame la ministre Christine Boutin en particulier. En effet, un proche de celle-ci (qui n’a pas vu le film), Ghislain Gomart, se serait fendu d’un magnifique plaidoyer en faveur d’une censure pure et simple du film : En quoi un film qui met en scène une femme désespérée et prête à tout pour supprimer l’enfant qu’elle porte peut-il être un film pédagogique ? (…) Comment l’Education nationale compte-t-elle gérer les traumatismes psychologiques qu’un tel film ne manquera pas de générer chez certains élèves ? Comment peut-elle justifier de faire d’un tel film un instrument pédagogique ?
Selon le site d’information Rue 89, vendredi, la Société des Réalisateurs de Films a dénoncé des pressions d’associations anti-avortement. Face à la fronde naissante, Xavier Darcos a décidé samedi de suspendre sa décision de ne pas faire éditer les DVD et doit rencontrer dès cette semaine la SRF ainsi que le jury du Prix de l’Education. Il compte enfin demander l’avis de la Commission Nationale de Classification et il prendra sa décision à l’issue de ces consultations.
Si, au final, véritable censure il y a, comment le gouvernement compte-t’il justifier sa position à l’encontre de celle du jury du Festival de Cannes ? Le politiquement correct est-il la règle pour un témoignage culturel et sociétal ? N’est-ce pas le rôle du cinéma, et par extension, de l’art, de mettre en évidence certains traits dérangeants de l’humanité ? A en croire notre frileuse politique de l’enseignement, ça n’en a pas l’air.
9 juillet 2007 at 17:39
faut surtout pas choquer ces pauvres petits bambins qui passent leur nuit sur des sites de porno et qui jouent à des jeux de massacre en réseau. ca pourrait les pousser à refaire pareil et balancer leur video sur you tube !