Tout le monde est au courant des aventures rocambolesques de Paris Hilton, l’icône trash écervelée qui défraie la chronique régulièrement et que les journaux (du monde entier, sic !) suivent, semble t’il, avec délectation. La “pétasserie” se mondialise et touche ces dernières années, après les USA, l’Europe de plein fouet en poussant les jeunes filles, dès leur enfance ou adolescence, à vouloir ressembler à ce genre de modèle complètement pathétique et fortement insipide. La faute à qui ? Aux parents, qui, lorsqu’ils ne s’y laissent pas prendre eux aussi, se désintéressent des effets comportementaux dévastateurs que cela peut engendrer, et surtout aux médias qui, déjà coupables du fait de relayer ce genre d’infos ultra capitales pour la marche du monde, font totalement abstraction de sens critique. L’ère médiatique est donc à l’autocensure politique mais aussi à la promotion de la pétasse. Je pourrais élargir l’analyse à bien d’autres symptômes bien de chez nous de cette maladie. Et le peuple dort ou en redemande. Drôle d’époque.

Révoltée elle-aussi par cette overdose d’inconsistance, une journaliste de la chaîne économique américaine MSNBC (filiale de NBC), Mika Brzezinski, a refusé de présenter dans son émission, Morning Joe, une information concernant la remise en libérté de la riche et creuse héritière. Pour elle, d’autres sujets, nettement plus importants, comme la guerre en Irak, devaient passer avant. Mais son coprésentateur à l’antenne s’y est opposé. S’en suivit une série de tentatives pour éviter de parler de ce sujet incontournable, mais toutes ont été vouées à l’échec. Tout ça… pour finalement passer le sujet sur Paris Hilton et laisser la blonde journaliste désespérée.